20m², ce n’est pas grand-chose. Pourtant, dans le paysage réglementaire français, ce simple chiffre peut tout faire basculer. Un garage de 20m² n’est ni invisible ni laissé au hasard : il se faufile entre les lignes du code de l’urbanisme, navigue entre déclaration préalable et permis de construire, sous l’œil attentif des mairies et des règlements locaux. Construire sans autorisation ? Une prise de risque qui peut coûter cher, bien au-delà des simples amendes. Car chaque étape administrative, chaque document, conditionne la légalité de votre garage… et parfois, la tranquillité de votre avenir immobilier.
Construire un garage de 20m² : ce que prévoit la loi
Monter un garage de 20m², c’est aussitôt se heurter à une mécanique réglementaire bien huilée. Ici, la surface ne se limite pas à un simple chiffre : il faut distinguer la surface de plancher de l’emprise au sol. Deux concepts qui peuvent bouleverser la donne en matière d’autorisations. Le code de l’urbanisme fixe les grandes lignes, mais la réalité se joue sur le terrain, à l’échelle de chaque plan local d’urbanisme (PLU). Impossible d’improviser : chaque zone urbaine a ses propres règles, parfois plus strictes que la loi nationale.
En zone urbaine, si le garage accolé à la maison ne dépasse pas 20m² de surface de plancher, la plupart du temps, une déclaration préalable suffit. Mais dès que la surface franchit ce seuil ou que l’emprise au sol s’élargit, le permis de construire devient obligatoire. Que ce soit pour une construction neuve ou un agrandissement, la règle ne fait pas de différence.
La notion de surface close et couverte regroupe tous les espaces fermés, tandis que l’emprise au sol se réfère à l’ombre projetée au sol par la construction. Ces nuances, lors d’un achat ou de la réalisation d’un garage, sont déterminantes pour la conformité de l’autorisation obtenue. Le PLU ajoute parfois son lot de contraintes : aspect extérieur, implantation précise, distances à respecter avec les limites de propriété ou les voisins.
Avant de se lancer dans un projet de construction garage, un détour par le service urbanisme de la mairie est vivement conseillé. Prendre rendez-vous, échanger sur les plans, obtenir des précisions : ce dialogue limite les mauvaises surprises et permet d’ajuster le projet en amont. En cœur de ville ou en lotissement serré, cette préparation fait souvent la différence.
Quelles autorisations demander selon la situation ?
Le choix de l’autorisation urbanisme ne se limite pas à la taille du garage. Le contexte compte : village isolé, quartier résidentiel ou rue animée. La nature exacte des travaux influe aussi sur la procédure à engager.
Déclaration préalable ou permis de construire ?
Pour clarifier les démarches, voici les différences concrètes entre ces deux demandes :
- Un garage de 20m² ou moins, accolé ou indépendant, nécessite en général une déclaration préalable de travaux. Il faut remplir le formulaire Cerfa correspondant, joindre plans et descriptif. L’administration donne sa réponse dans un délai d’un mois la plupart du temps.
- Si la surface dépasse 20m², la demande de permis de construire s’impose. Préparez un dossier plus étoffé, avec des délais de deux à trois mois et possiblement quelques échanges supplémentaires avec la mairie.
Le plan local d’urbanisme (PLU) peut compliquer la donne : certaines communes abaissent les seuils, imposent des contraintes sur la hauteur, l’implantation ou l’intégration visuelle. Avant de rassembler toutes les pièces nécessaires, prenez contact avec le service urbanisme : cela évite les erreurs et les retards inattendus.
Transformer un garage en habitation ou changer sa destination n’a rien d’anodin : selon l’ampleur des aménagements, il faudra une déclaration préalable ou un permis. À cette occasion, l’administration recalculera la surface taxable, ce qui modifie la taxe d’aménagement et la taxe foncière.
À chaque commune ses particularités. Certaines limitent la hauteur, d’autres imposent un raccordement à certains réseaux ou des distances précises avec la voie publique. Pour mener à bien un projet immobilier sans accroc, adaptez vos plans à ces exigences et vérifiez que chaque information transmise colle à la réalité du terrain.
Les étapes à suivre pour obtenir rapidement votre autorisation
Préparer le dossier : rien ne se fait au hasard
Le point de départ, c’est une lecture attentive du plan local d’urbanisme. Les contraintes spécifiques y sont détaillées : emprise au sol, règles esthétiques, implantation autorisée. Demandez à la mairie une fiche récapitulative, fixez un rendez-vous pour exposer votre projet, qu’il s’agisse d’un garage accolé ou isolé. Chaque configuration a ses propres exigences.
Rassembler les documents : précision exigée
Pour un garage de 20m², la déclaration préalable de travaux sera généralement suffisante. Voici les pièces à fournir pour constituer un dossier solide :
- le formulaire Cerfa n°13703*08
- un plan de situation localisant le terrain dans la commune
- un plan de masse montrant l’emplacement précis du garage
- les élévations du futur bâtiment, utiles pour visualiser l’aspect extérieur
- quelques photos du terrain ou de la maison existante
Chaque document doit être soigné : la qualité du dossier facilite l’instruction de la déclaration préalable et évite bien des allers-retours.
Déposer et suivre la demande
Le dossier complet est à remettre en deux exemplaires à la mairie. Un récépissé vous sera remis, preuve que la demande est bien enregistrée. L’administration dispose ensuite d’un mois pour instruire la déclaration préalable. Si tout est en règle, le certificat de non-opposition vous donne le feu vert pour entamer le chantier.
Quand les travaux sont terminés, une dernière démarche reste à accomplir : transmettre la DAACT (déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux). Ce document officialise la conformité de votre garage, une sécurité précieuse pour la suite de votre parcours immobilier.
Construire sans autorisation : à quoi s’expose-t-on vraiment ?
Lancer la construction d’un garage de 20m² sans déposer de déclaration préalable, c’est courir un risque réel. Une visite du service de l’urbanisme, une remarque d’un voisin ou un passage du maire, et la situation peut rapidement se compliquer.
L’administration réagit vite : vous recevrez une mise en demeure par courrier recommandé. L’arrêt immédiat des travaux est exigé, parfois même la démolition du garage. Le code de l’urbanisme prévoit des sanctions lourdes : jusqu’à 6 000 € d’amende par mètre carré construit, et dans certains cas, des poursuites devant le tribunal administratif. Les délais s’allongent, l’incertitude s’installe.
Un garage non déclaré bloque toute revente ou transmission du bien. L’irrégularité saute aux yeux lors d’un contrôle technique ou d’une demande de prêt immobilier. S’ensuivent des démarches : recours gracieux auprès de la mairie, procédure devant le tribunal administratif, voire menace d’expropriation dans les cas les plus extrêmes.
Autre point de vigilance : les voisins ou riverains disposent d’un délai de dix ans pour contester la construction via un recours de tiers. La régularisation devient alors plus complexe : il faut démontrer que le garage est conforme au plan local d’urbanisme et respecte toutes les servitudes applicables.
Sauter la case autorisation, c’est s’exposer à une longue série de complications. Chaque étape administrative, du dépôt du dossier à l’accord officiel, agit comme un filet de sécurité pour votre propriété et la valeur de votre immobilier. Anticiper, c’est s’assurer des nuits tranquilles, loin des contentieux et des mauvaises surprises.


